Rencontre avec Léopold Debleme, directeur général adjoint de BDDP&Fils
Léopold Debleme anime le cours « Stratégie de Communication » dans le Master Marketing de Sciences Po. Il a accepté de nous parler de son parcours et son travail au sein de BDDP&Fils, agence de publicité du groupe BDDP Unlimited (réseau TBWA).
- Pour commencer, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Léopold Debleme: J’ai commencé en faisant un an de prépa HEC, puis je suis entré au CELSA. Pendant ma scolarité, en 3e et 4e année, j’ai effectué des stages aux Etats Unis et en agences de pub, dans les départements commerciaux et planning stratégique.
Après mon diplôme de maîtrise, je suis parti en Roumanie pendant un an, pour travailler au sein de l’agence Saatchi & Saatchi. Ensuite, je suis rentré en France, je ne voulais pas être catalogué comme un « expert des pays de l’Est ». J’ai alors passé deux ans chez Draft FCB, en tant que chef de pub. Mais comme j’étais en charge de marques très marketing avec peu de créativité, j’ai décidé assez rapidement (au bout de 2 ans), que je voulais faire plus de création. Et je suis entré chez BDDP & Fils.
- Pourquoi avez-vous choisi BDDP & Fils ?
Léopold Debleme: J’ai choisi cette agence car elle est réputée pour son aspect très créatif. J’y travaille depuis maintenant 10 ans. Je suis passé du statut de chef de pub sénior à celui de directeur général adjoint. Dans une agence comme la notre, les échelons sont traditionnellement : chef de groupe, directeur de clientèle, directeur commercial, puis directeur général adjoint.
Mes missions sont diverses : je dois m’assurer de la visibilité de l’entreprise à l’extérieur, je crée des campagnes pour des entreprises très variées… Au départ, les supports de pub étaient très classiques : médias télé, radio, cinéma, affichage, presse. Aujourd’hui, nous devons de plus en plus adopter des stratégies de pluri-média, mettre en place des campagnes de communication globale, travailler sur les relations publiques, l’édition, le contenu, les stratégies online…
- Pourquoi avez-vous choisi le monde de la com plutôt que celui du marketing ?
Léopold Debleme: Dès le début, je voulais être au démarrage de l’idée, de la création. Je ne voulais pas que ce soit une tierce personne qui travaille sur l’idée. Ici, il y a une ambiance de liberté, on peut gérer des sujets très divers, alors qu’en marketing chez l’annonceur, c’est plus mono-sujet. J’aime travailler un jour sur un projet donné, et le lendemain sur un autre projet. Je dois vraiment gérer une grande diversité de sujets, de marchés, de problématiques, de collaborations… Il y a des sujets qui sont très « terrain », qui font que l’on doit produire beaucoup de choses qui se réalisent, tandis que d’autres sont plus axés sur la réflexion, sur l’ADN de la marque, sur des stratégies de positionnement…
- Pouvez-vous nous décrire une journée type pour vous ?
Léopold Debleme: En général, j’arrive vers 9h du matin au bureau, et à cette heure là, je suis un des premiers. Cela me permet d’organiser ma journée et d’accomplir les taches administratives que je n’ai pas le temps de faire dans la journée (comme lire mes mails par exemple).
Ensuite, dès que les équipes arrivent, j’assiste à beaucoup de réunions internes, qui servent à évaluer l’avancement des projets. Mon rôle est alors de gérer les problèmes, de prendre des décisions, de gérer les crises, de vérifier ce qui est envoyé au client en termes de notes stratégiques et de création. Je dois discuter avec la création et avec les gens des médias, répondre à des clients, vérifier les notes stratégiques de mes équipes…
L’après-midi est souvent consacré aux réunions avec les clients, soit en agence, soit directement dans les locaux du client : on passe alors en revue tous les sujets en cours, on leur présente nos avancées dans la réflexion et dans la création, et on valide les étapes de production. S’il faut passer tous les sujets en revue, cela peut facilement durer 3 ou 4 heures. Je peux aussi avoir des rendez-vous avec les gens des médias qui viennent nous proposer leur support. Et il est toujours nécessaire de faire des points internes de réflexion avec les commerciaux, les créatifs et le media planning. On joue aussi beaucoup au baby-foot, ça a un côté informel qui permet de se sentir bien et de bien bosser.
- Pouvez-vous nous parler de la composition de vos équipes ?
Léopold Debleme: Les équipes sont très variées, il n’y a pas de hiérarchie horizontale très fournie.
- Les chefs de groupe : ils s’occupent du contact client au quotidien sur tous les sujets, ils ont souvent 3 ou 4 ans d’expérience, ils travaillent avec les créatifs pour faire avancer les sujets. Ces personnes viennent généralement de grandes écoles, de Sciences Po…
- Les productrices : c’est un métier très féminin. Ce sont les personnes qui gèrent les plannings et les devis
- Les stagiaires : nous avons beaucoup de stagiaires assistants chef de pub/chef de groupe. Ils sont à la fois en contact avec les clients et avec la création.
- Est-ce que c’est vrai que, dans la com, il y a beaucoup de stagiaires, et que ces stagiaires sont mal payés ?
Léopold Debleme: C’est vrai qu’il y a beaucoup de stagiaires, pas très bien payés. Chez nous, on cible surtout Sciences Po et le CELSA, qui sont payés 700 euros (= la moitié du salaire d’un chef de pub débutant). Les stagiaires ont le droit aux RTT toutes les 4 semaines et à des tickets restaurant. 90% des effectifs de stagiaires à l’agence viennent de Sciences Po et du CELSA.
Dans le département commercial, on embauche 3 ou 4 stagiaires en même temps (sur 15 employés) et à la création il y en a entre 3 et 5 (sur 25 employés). On a aussi quelques stagiaires à la TV prod, à l’achat d’art, au planning stratégique.
Ces dernières années, on a pu voir un vrai décalage entre les rémunérations dans le secteur de la com et chez les annonceurs : la pub paye mal les premières années. Mais le décalage se réduit au fur et à mesure que l’on grimpe dans la hiérarchie.
- Un élève de Sciences Po, vous le voyez bien dans quel département chez vous ?
Léopold Debleme: Un étudiant de Sciences Po peut être doué pour faire du planning stratégique (étude des tendances, étude des consommateurs…), et peut aussi être un bon commercial, ou un bon rédacteur (qui fait partie des créatifs).
- Quelles sont les qualités d’un bon commercial ?
Léopold Debleme: Il faut avoir une passion pour la création, un bon sens du relationnel, il faut être diplomate et savoir se faire entendre, se faire respecter, avoir un vrai rôle de conseil.
Il faut surtout être très ouvert et curieux. Un bon commercial connaît aussi bien le sujet du client que le client lui-même. Il ne doit pas s’arrêter à sa propre problématique, à son propre projet. Il doit s’intéresser à la nouveauté, avoir envie de surprendre, essayer de sortir des sentiers battus.
C’est enfin quelqu’un de passionné qui doit savoir transmettre cette passion. Un bon commercial doit avoir beaucoup d’endurance : il faut beaucoup s’impliquer dans un secteur comme la com, surtout quand on est junior, qu’on est mal payé et qu’on a des horaires très difficiles. Il faut être capable de gérer beaucoup de choses en même temps, et il faut avoir une vraie valeur ajoutée.
Pour découvrir l’envers de BDDP, un mini-site évenementiel
En vidéo, sur le site de Pole Emploi, Léopold Debleme présente le métier de chef de pub:




[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Benoit Zante. Benoit Zante a dit: Léopold Debleme, directeur général adjoint de BDDP&Fils présente les métiers de la publicité: http://bit.ly/9eHxLd [...]
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