Raphael Berger directeur de clientèle chez Ipsos revient sur son expérience de VIE en Corée

1 juin 2010 par Benoit (Entretiens)

Raphael BergerRaphaël Berger, qui donne le cours « Atelier d’analyse sociétale » dans le master Marketing et Études et qui est actuellement Directeur de Clientèle chez IPSOS revient sur son expérience de Volontariat International en Entreprise (VIE) en Corée du Sud.


- Dans quel cadre avez-vous découvert la possibilité du VIE ?

Raphaël Berger: J’ai découvert le VIE ou plutôt la « coopération », comme c’était appelé à l’époque, lors d’un stage de trois mois que je faisais à Dakar; il y avait sur place de nombreux « coopérants » notamment administratifs.

La « Coopération » était jusqu’en 1998 l’une des façon dont il était possible d’effectuer son Service National. Partir en « coopération » était donc une question qui ne posait pas dans mon esprit puisque il fallait d’une façon ou d’une autre s’acquitter de son Service National. Cependant , la circonscription a été supprimée l’année juste avant ma « coopération » et le statut a donc changé, passant à celui de VIE non obligatoire (mais bien mieux payé!).

- Quelles ont été vos motivations pour faire un VIE après que la « coopération » ait été supprimée?

Raphaël Berger: A l’époque, c’était quelque chose qui étonnait de partir en VIE car c’était facile de trouver un job juste après l’école. Quand je suis parti, au delà de l’aspect voyage/découverte ainsi que du côté ludique, je pensais que le VIE était une bonne opportunité pour se forger une certaine maturité professionnelle avant de rentrer définitivement dans la vie active à Paris.

- Comment avez-vous choisi votre VIE?

Raphaël Berger: Dès le départ, je voulais faire un VIE en entreprise dans le secteur industriel et mes critères étaient assez simple: je voulais être dans un pays relativement développé avec de bonnes infrastructures mais je ne pouvais pas partir en pays hispanophone puisque je ne parle pas l’espagnol. J’ai choisi de partir pour l’Asie qui m’attirait beaucoup et j’ai été recruté par Renault-Samsung Motors (Corée du Sud).

- Comment s’est passé votre intégration dan l’entreprise et dans le pays en général?

Raphaël Berger: Ça a été plutôt facile probablement parce que j’étais dans une entreprise à la base française; il y avait quelques employés francophiles. Cela surtout été simplifié par la très grande gentillesse des Coréens, leur très grande chaleur -à l’opposée de l’image d’Épinal de l’asiatique imperturbable voire froid. En plus, nous n’étions qu’une douzaine d’expatriés alors que la plupart des entreprises à ce moment là expatriaient beaucoup plus de cadres dans leurs filiales à l’étranger et c’était ressenti par les locaux comme une sorte de colonisation. Au contraire, chez Renault, le siège avait juste expatrié quelques dirigeants et tout le reste des employés étaient des coréens ce qui rendait l’intégration bien plus facile; vis-à-vis des Coréens d’une part: les français n’étaient pas que des chefs mais aussi de « petites mains », et vis-à-vis des Français de la société, qui nous ont très bien considéré, un autres VIE et moi même.

Quant à la vie en général, je pense que le choix de la Corée du Sud était très judicieux car il est facile de sympathiser avec les Coréens dont certains parlent anglais et qui sont très accueillants. De plus, le niveau de développement du pays -désormais dans le Top 10 ou le Top 15 du G20- fait qu’il n’y a pas de décalage entre les locaux et les expatriés comme il peut y en avoir dans les pays pauvres d’Afrique ou d’Asie du Sud-Est: cela facilite grandement l’intégration.

- Avec du recul que pensez-vous de votre décision de partir en VIE?

Raphaël Berger: Personnellement, j’ai au une très bonne expérience humaine et professionnelle: c’était un challenge très intéressant car il s’agissait de remonter une filiale en difficulté. En tant que VIE, j’ai pu observer cela de l’intérieur.

Cependant, au niveau professionnel, je ne sais pas si c’était un choix très judicieux. Aujourd’hui, je travaille dans le métier des études or celui-ci est assez hiérarchisé, les parcours y sont aisés comme dans le conseil par exemple.

En partant en VIE, on commence à monter l’échelle avec du retard par rapport à ceux qui débutent juste après leurs études. Quand vous revenez de VIE, l’expérience que avez acquise n’est pas vraiment considérée et vous commencez comme « junior ».

Je pense qu’il faut bien cibler le domaine de son VIE pour que l’expérience que vous gagnez soit ensuite reconnue dans votre vie active.

Le VIE reste un très bonne expérience car il sera de plus en plus difficile de travailler à l’étranger(hors UE): les expatriés coûtent très cher aux entreprises et les locaux sont de plus en plus autant qualifiés que les candidats à l’expatriation.

- Quelle est pour vous la qualité essentielle à posséder pour partir en VIE?

Raphaël Berger: Il faut avoir de bonnes qualités d’adaptation par rapport au nouvel environnement et il faut être suffisamment indépendant pour ne pas craquer alors qu’on est à des milliers de kilomètres de chez soi pendant au moins une année.