Richard Descoings nous donne sa vision du Master Marketing de Sciences Po
26 mai 2010 par Benoit (Sciences Po)
Pour notre blog, Richard Descoings, directeur de Sciences Po a accepté de répondre à quelques questions sur le Master Marketing et Études et les particularités de la formation dispensée aux étudiants de Sciences Po.

- Que pensez-vous de la valeur du diplôme du Master Marketing et Etudes de Sciences-Po notamment face à la concurrence des écoles de commerces ainsi que des « colleges » américains ?
Richard Descoings : Le diplôme n’est pas vraiment ce qui fait la différence lors d’un processus final de recrutement, votre diplôme n’est qu’un marche-pied, il est ce qui vous ouvre la porte des entretiens mais au delà de l’idée que le recruteur peut se faire de Sciences-Po, c’est le reste: votre personnalité, entre autres, fait la différence. Notamment en temps de crise, ce qui permet de sortir du lot, c’est la capacité de chacun à « détonner » ainsi qu’à s’adapter à différents environnements.
- Que pensez-vous des recruteurs qui disent qu’il est pour eux difficile de situer Sciences Po à cause, d’une part, de l’aspect très généraliste de la formation et d’autre part, des multiples passerelles d’entrée qui font de Sciences-Po une grande école sans formatage ?
Richard Descoings : Le développement intellectuel de nos élèves en ce qui concerne les matières »dures » ne doit pas se faire au détriment du développement artistique ainsi qu’à la sensibilité de chacun.
Même si c’est l’étude des matières « dures » qui rassurent les recruteurs, Sciences-Po n’est pas là pour les rassurer. Même s’ils ne savent pas exactement comment définir un Sciences-Po c’est là l’une des force de notre maison: la formation intellectuelle large que nous proposons n’est pas uniquement faite pour répondre aux besoins du moment des entreprises mais aussi pour s’adapter aux besoins futurs. C’est l’intelligence de la fluidité incertaine.
Par exemple, personne ne peut réellement dire ce que sera le métier d’un marketeur dans cinq ans et la plupart des techniques enseignées seront dépassées à très court terme. Le monde dans lequel vous êtes n’a rien à voir avec ce qu’il sera quand vous entrerez réellement dans la vie active. C’est pourquoi Sciences-Po met clairement l’accent sur un développement complet et divers de ses étudiants pour qu’ils puissent affronter au mieux ce que l’avenir nous réserve.
- Pensez-vous changer Sciences Po et son Master Marketing et Études dans le futur ?
Richard Descoings : Sciences Po est donc une institution différente des autres Grandes Écoles mais c’est une institution qui marche bien et moi, j’y repense à deux fois avant de changer ce qui fonctionne.
Cependant, au niveau des masters, je souhaite relancer l’apprentissage et aussi accentuer la possibilité de se spécialiser dans le luxe dans le Master Marketing et Études. En effet, le luxe va continuer à être une industrie qui compte et elle comptera de plus en plus; la marque faisant le statut, le luxe offre des débouchés illimités. L’industrie du luxe a encore de très beaux jours devant elle.
En savoir plus:
Le blog de Richard Descoings
Sciences Po : De La Courneuve à Shanghai, par Richard Descoings:

La pensée de Descoings est limpide : « C’est l’intelligence de la fluidité incertaine ». Clair, non ?
Comme la priorité qu’il donne aux étudiants défavorisés : il faut « accentuer la possibilité de se spécialiser dans le luxe dans le Master Marketing et Études. En effet, le luxe va continuer à être une industrie qui compte et elle comptera de plus en plus; la marque faisant le statut, le luxe offre des débouchés illimités. L’industrie du luxe a encore de très beaux jours devant elle ».
C’est clair que c’est les admis des CEP des banlieues qui ont le plus de chance d’être embauchés chez Dior et LVMH.
C’est un stratège, RD.