Rencontre avec Alban Coret, concepteur-rédacteur chez BDDP&Fils
24 mai 2010 par Benoit (Entretiens, Métiers)
Après avoir découvert le métier de commercial dans une agence de publicité, voici un autre versant du travail de l’agence BDDP&Fils, avec Alban Coret, concepteur-rédacteur.

- Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Alban Coret : J’ai d’abord passé un bac ES, puis dans le cadre d’un échange universitaire, j’ai eu l’opportunité de passer ma licence AES à l’étranger. Pouvant choisir mes programmes de cursus, j’ai opté pour « création publicitaire » parmi les différents choix proposés, plus par distraction que dans l’idée d’en faire mon métier. Cela m’a plu immédiatement, et dès mon retour en France, je me suis inscrit dans une école spécialisée l’ESP (école supérieure de la Publicité), qui offrait le double avantage d’une formation courte (1an), assortie de nombreux stages. C’est grâce à cela que j’ai découvert le monde des agences, et que j’ai finalement pu me faire embaucher chez BDDP&Fils, il y a 6 ans.
- Pourquoi BDDP ?
Alban Coret : BDDP est une agence reconnue pour sa créativité depuis longtemps.

- Pouvez-vous nous décrire une journée type pour vous ?
Alban Coret : En tant que concepteur rédacteur, je commence toujours la journée par un passage en revue des dernières actualités (tout y passe, du fait divers à la dernière innovation technologique). Ensuite, je commence réellement le travail. Je suis en binôme avec un directeur artistique, et ensemble, nous réfléchissons à un budget sur lequel nous avons été briefé. C’est un travail de conception libre, où toute idée est bonne à coucher sur le papier.
Je diviserais mon travail en 3 phases:
- La conception : On cherche l’idée
- La maquette : On fait une maquette la plus aboutie possible de l’idée
- La production : Si le client a validé notre idée, nous la produisons.
- Est-ce que vous travaillez sur un budget en particulier ?
Alban Coret : Il n’y a pas de budget spécifique à chaque créatif. Toutefois, certains briefs peuvent être alloués d’office à une équipe de créatifs s’ils ont déjà travaillé sur le sujet.
- Avec quelles équipes travaillez-vous ?
Alban Coret : Il s’agit d’un binôme: Un concepteur rédacteur et directeur artistique. Et parfois un assistant. La conception se fait à deux. Puis ensuite le CR réfléchit aux mots qui vont être employés, et le DA à la forme/image.
- Quels types de relations avez-vous avec les commerciaux ?
Alban Coret : Bonne ! Même si nous n’avons pas toujours les mêmes intérêts.
Le commercial pense en priorité à son client, qu’il connaît bien. Le créatif, lui, est un peu plus égoïste et pense d’abord à mener son idée le plus loin possible.
Cela dit, il existe un intérêt commun : que les idées qui sortent de l’agence soient les plus justes et les plus créatives possibles !
- Que fait un directeur de création ?
Alban Coret : Le directeur de création joue un rôle clé dans une agence de pub. En tant que « superviseur » de la création, il se porte garant de la création qui sort de l’agence. Il doit donc être impliqué à 100% dans tout le processus de concrétisation d’une idée. Il connaît à la fois parfaitement les attentes du client, tout en étant à la recherche d’une exécution juste et originale du message que le client a besoin de délivrer. Très souvent, le directeur de création est un ex-créatif, avec une culture publicitaire vaste et pointue.
- Est-ce qu’il y a une formation type pour les créatifs ?
Alban Coret : Il n’existe pas de formation type à proprement parler. Les directeurs artistiques sont le plus souvent issus d’écoles de graphisme et d’écoles d’art. Pour les concepteurs rédacteurs, de multiples profils peuvent prétendre à un tel poste. Généralement, ils répondent à un certain intérêt pour les lettres, la rhétorique, le sens de la formule… C’est pourquoi les facs de lettres ou Sciences Po sont de bonnes formations.
- Quelles sont les qualités d’un bon rédacteur ?
Alban Coret : L’obstination, la patience, la curiosité…
- Est-ce que ça paye bien ?
Alban Coret : Les rémunérations d’un créatif dépendent énormément de sa production, ou disons de sa rentabilité. Un créatif qui a dans ses bagages de grandes campagnes de communication peut prétendre à un salaire largement satisfaisant. C’est pourquoi les débuts sont souvent difficiles, il s’agit de faire ses preuves !
- Quel est l’aspect de votre métier que vous préférez ?
Alban Coret : La liberté !
Les créatifs ont la chance de travailler à leur rythme, de rencontrer de multiples personnalités (réalisateurs, photographes, illustrateurs…), et de laisser libre cours à leur imagination.
A partir de là, tout devient possible !
Le travail d’un créatif s’apparente, toutes proportions gardées, à celui d’un artiste, toujours à la recherche de nouvelles interprétations / lectures du quotidien, avec le besoin de débrider son imagination, de tout envisager, de tout se permettre…
Même si, dans la réalité d’un créatif de publicité, il existe des limites, comme le budget d’un client par exemple !
- Sur quels supports travaillez-vous ?
Alban Coret : Aujourd’hui, un créatif est amené à travailler sur de multiples supports.
Avec l’explosion du web, un bon créatif doit pouvoir adapter ses idées sur la toile de façon innovante et impactante.
De même que, dans l’absolu, une bonne idée doit pouvoir se « décliner » partout : en film, en print, en hors-média, en évènement… C’est ce qui s’appelle une campagne intégrée !

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