Rencontre avec Annelise Bourelle, analyste marketing chez Ubisoft
4 mai 2010 par Benoit (Entretiens)
Annelise Bourelle, ancienne de Sciences Po est aujourd’hui analyste marketing chez Ubisoft, 3e éditeur mondial de jeux vidéos. Elle a accepté de répondre à nos question et nous présente son travail et les spécificités de son marché.
- Bonjour, pourriez-vous nous décrire votre parcours?
Annelise Bourelle: J’ai intégré Sciences Po juste après le bac, j’étais en Section International Filière Relations Internationales. Mon rêve était d’intégrer les institutions internationales, mais suite à un stage au ministère des Affaires Etrangères, j’ai compris que je n’étais pas faite pour le monde de l’administration. Je suis alors partie au Japon pour obtenir un certificat d’études internationales, pour rejoindre un an plus tard l’Allemagne où j’ai intégré un master en économie européenne.
J’ai commencé ma carrière au sein du groupe Bertelsmann en tant que consultante en marketing stratégique. Après un bref passage dans un cabinet de conseil en CRM (gestion de la relation client), j’ai intégré BBDO Consulting, une filiale du groupe BBDO spécialisée en conseil marketing/marques Je suis ensuite rentrée en France pour rejoindre Ubisoft.
- Quel est votre métier?
Annelise Bourelle: Je travaille chez Ubisoft au sein du Marketing International pour la » marketing intelligence ». Je travaille principalement avec les équipes d’Ubisoft EMEA, Montréal et San Francisco. Mon travail consiste en grande partie à établir des benchmarks et à mener des analyses stratégiques, comme dans un cabinet d’études. Je reçois un brief, puis travaille la problématique pour formuler des recommandations stratégiques pour nos équipes marketing et le top management. Notre équipe est divisée en différents pôles d’expertises, certains plus qualitatifs, d’autres plus quantitatifs. Pour ma part, je m’intéresse aux problématiques de communication et de stratégie de marque.
- Pourriez-vous nous donner des exemples de problématiques sur lesquelles vous avez travaillé?
Annelise Bourelle: A mes débuts chez Ubisoft, j’ai par exemple beaucoup travaillé sur l’émergence des « casual games », c’est-à-dire les jeux grand public que l’on trouve notamment sur les consoles Nintendo (Wii, DS), afin d’analyser la communication de ces jeux, de réfléchir sur les valeurs communes et sur les best practices.
Plus récemment, j’ai par exemple participé à une étude comparative des pratiques marketing d’Assassin’s Creed 2 et Call of Duty Modern Warfare 2, deux jeux « blockbusters ». Le but était d’analyser les pratiques marketing et d’identifier les pratiques émergentes. Un des insights clés était par exemple de voir un focus de plus en plus important sur la période de pré-lancement (entre 9 et 3 mois avant le mois de sortie du jeu).
- Jouez-vous souvent aux jeux vidéo?
Annelise Bourelle: Cela peut paraître surprenant, mais je joue peu. Dans mon domaine d’expertise, il n’est pas essentiel d’être un hard core gamer , même s’il faut bien sûr savoir rester attentif aux sorties et tendances du moment. Pour ma part, c’est surtout le côté « Entertainment » qui m’a attiré chez Ubisoft. J’avais également besoin de changement, de pour rejoindre une ambiance plus détendue et créative. J’aime particulièrement qu’Ubisoft valorise les expériences extérieures au monde du travail, notamment le sport, les loisirs… Ces expériences stimulent à mon avis la créativité et l’innovation.
- Qu’est-ce qu’une « marque » dans le secteur des jeux vidéo? Les joueurs ont-ils vraiment une préférence pour Ubisoft plutôt qu’EA par exemple?
Annelise Bourelle: Les joueurs ne perçoivent pas nécessairement la marque ombrelle (EA Sports) ou corporate (Ubisoft). En fait, il faut entendre par « marque » le nom du jeu vidéo, comme « Splinter Cell », « Fifa », « Call of Duty », ou « Les lapins crétins ».
- Quels sont les principaux enjeux du secteur?
Annelise Bourelle: À mon avis, le plus important aujourd’hui est de toucher les gens là où ils sont. Cette idée peut paraître simpliste, mais c’est l’enjeu fondamental du jeu vidéo aujourd’hui. Il faut savoir utiliser intelligemment les réseaux sociaux et les outils du community management.
Dans le domaine des jeux vidéo, il ne suffit plus de vendre un produit,. Il faut proposer une véritable expérience de marque aux joueurs. D’où des techniques marketing très orientées brand management, comme la création de « pop-up stores » ou la déclinaison de la franchise sur d’autres supports (BD, films, Internet).
- Un conseil pour les étudiants du master marketing de Sciences Po?
Annelise Bourelle: Profitez d’être étudiant pour faire des expériences différentes. Explorez le plus de domaines possibles, travaillez dans des ambiances différentes, en agence, dans le conseil, dans le marketing opérationnel… Même si vous avez donné une certaine direction à votre début de carrière, sachez être flexible.
Enfin, je vous rappelle qu’Ubisoft recrute des stagiaires en marketing, pour une durée minimum de 6 mois. N’hésitez pas à envoyer vos candidatures!




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