Rencontre avec Michel Hébert, fondateur de l’agence Jump
11 décembre 2009 par Brice (Entretiens)
Fondateur en 1984 de Jump France (désormais membre du réseau Omnicom), Michel Hébert est parvenu à hisser son agence de communication parmi les plus importantes de France, avec des clients comme McDonald’s, Rossignol, Mini ou BMW. Publicitaire iconoclaste et passionné, il a confié aux élèves du master marketing la rédaction d’un livre blanc sur le marketing du futur. Il répond à nos questions sur son parcours, son entreprise, sa vision du marketing…

- Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel?
Michel Hébert: Après avoir été diplômé de l’EMP (Ecole du Marketing et de la Publicité), j’ai travaillé pour Marketing Office, l’une des premières sociétés d’études. Je suis ensuite parti au Maroc, où j’ai d’ailleurs passé ma jeunesse, pour monter la première société d’études de marché du pays. La spécificité de cette société, qui s’est progressivement ouverte au Maghreb puis à l’Afrique noire, était le mélange des métiers et des compétences. Je suis ensuite retourné en France et suis devenu le premier directeur marketing du loto. Mon envie d’entrer dans le monde de la communication m’a fait rejoindre l’agence FCA, puis Young & Rubicum. Finalement, en repensant à mon expérience marocaine, j’ai décidé de me relancer dans la création d’entreprise, ce qui a abouti à la création de Jump France.
- Quelles sont les différentes activités de Jump France et comment vous différenciez-vous des autres agences de publicité?
Michel Hébert: Nos activités regroupent la publicité, les « marketing services » (promotion, marketing direct), le design et nous abordons de manière transversale des sujets comme la santé, l’innovation et le développement durable. Nous sommes d’ailleurs organisés en pôles: Jump Affaires Publiques, Jump Développement Durable… Ce qui fait notre différence, notre identité de marque, c’est le mélange des métiers. Notre conviction est qu’il faut casser les cloisons entre métiers pour les faire travailler ensemble. C’est pourquoi nous avons fusionné financièrement les métiers, l’idée est de créer une synergie dans les équipes à partir de ces différences.
- Vous avez choisi des étudiants de Sciences Po afin d’écrire un livre blanc sur l’avenir du marketing. Pourquoi vous êtes vous dirigé vers notre école?
Michel Hébert: J’ai contacté plusieurs écoles françaises de renom. Peu d’entre elles semblaient enthousiastes, expliquant que ce n’était pas dans leur habitude, que ce n’était pas « conventionnel ». Au contraire, Sciences Po a encouragé ce projet qui rejoint tout à fait son projet éducatif. Les responsables des masters de Sciences Po savent que c’est l’avenir, qu’il faut penser le marketing et la communication de demain, qu’il faut s’ouvrir aux autres métiers. Les fondations du marketing n’ont quasiment pas changé, les entreprises sont réticentes au changement et n’y réfléchissent pas assez.
- Justement, comment évoluent les métiers du marketing?
Michel Hébert: Ma conviction, c’est qu’on a besoin de crises. C’est dans les crises que naissent les choses nouvelles, car elles obligent les gens à repenser leur modèle par la force des choses. Par exemple, une des conventions du marketing était: « on peut perdre de l’argent aujourd’hui pour en gagner plus tard ». La crise récente a profondément remis en question cette vision, et les impacts en terme de marketing sont énormes.
- Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui se lancent dans le marketing?
Michel Hébert: Les jeunes marketeurs se mélangent rarement avec des services qu’ils déconsidèrent car ils les jugent « peu intellectuels ». Par exemple, le service d’achat devient le service le plus ouvert à l’extérieur, et représentent une richesse de proposition. On ne les considère que rarement alors qu’ils ont beaucoup de choses à dire. Un dernier conseil: si vous devez travailler avec des entreprises extérieures (dans une activité en agence ou de conseil par exemple), intégrez vous dans cette entreprise. Il ne faut pas fonctionner de la manière suivante: je présente mon brief, l’agence le travaille, puis je critique. Il faut travailler ensemble, comme dans une équipe pour créer une véritable dynamique.
Pour en savoir plus:
Le projet collectif sur le marketing et la communication à l’horizon 2030



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